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Pourquoi se faire diagnostiquer ?

L’intérêt du diagnostic pour mieux vivre avec la maladie

Bien que certaines personnes s’interrogent sur l’intérêt d’un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer en l’absence de traitement curatif, grâce aux progrès de la recherche, ce diagnostic reste une avancée importante dont les malades et leur famille doivent bénéficier

On sait maintenant que 30% des patients qui ont des symptômes de la maladie d’Alzheimer n’en sont pas atteints. Beaucoup de personnes refuseraient ainsi de se faire diagnostiquer remettant en cause l’intérêt du diagnostic précoce en l’absence de traitement curatif. Différents aspects apportent néanmoins la preuve de l’importance d’établir un diagnostic le plus rapidement possible.

1e raison : Pour répondre aux questionnements du patient et de son entourage

Lors de la consultation, ils veulent comprendre ce qui ne va pas et non repartir avec l’angoisse de l’incertitude.

 

2e raison : Pour éviter les erreurs diagnostiques

Celles-ci peuvent entrainer un traitement inadapté qui pourrait aggraver l’état de santé du patient. En effet, les personnes malades peuvent bénéficier d’une prévention secondaire dont l’importance est capitale pour éviter l’aggravation des symptômes liés à la maladie d’Alzheimer. « Sans un diagnostic précoce, les professionnels de santé ne peuvent pas mettre en œuvre cette prévention qui permet au patient de vivre mieux et d’éviter de voir son état se dégrader trop rapidement » explique le Dr Maï Panchal.

 

3e raison : Pour un traitement et une prise en charge spécifique dans le cas d’une autre maladie

S’il ne s’agit pas d’une maladie d’Alzheimer, la pathologie dont le patient est atteint pourrait avoir un traitement et une prise en charge spécifiques. « Il est donc très important de savoir si les symptômes, les troubles de la mémoire et du langage sont en lien avec la maladie d’Alzheimer ou s’il ne s’agit pas d’un AVC passé inaperçu par exemple. » indique le Dr Maï Panchal, Directrice scientifique de la Fondation Vaincre Alzheimer.

 

4e raison : Pour que le malade soit acteur dans sa prise en charge avant la perte d’autonomie

Il pourra ainsi s’organiser pour l’avenir.

 

5e raison : Pour faire bénéficier le patient d’une prise en charge multidisciplinaire précoce.

Le malade pourra ainsi s’adonner à des activités stimulant ses fonctions cognitives et motrices de manière adaptée. Cela lui permettra de préserver son autonomie le plus longtemps possible.

 

6e raison : Pour faire bénéficier le patient de l’innovation thérapeutique et lui permettre d’entrer dans un essai clinique

Les essais thérapeutiques sont également un argument de taille en faveur du diagnostic précoce. Les personnes diagnostiquées Alzheimer peuvent y participer sous réserve de remplir certaines conditions. « Cela constitue une chance de découvrir un nouveau traitement et d’en bénéficier le jour où l’un d’entre eux s’avérera réellement efficace » affirme la Directrice scientifique.

7e raison : Pour traiter les facteurs de risque associés tels que l’hypertension artérielle ou l’obésité par exemple

Pour les personnes nécessitant un traitement contre le diabète ou la tension, le médecin doit s’assurer que le patient comprend et est capable de prendre correctement ses médicaments. « D’où l’importance de savoir si une personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer ou non. Si tel est le cas, le médecin doit demander à la famille de vérifier et de contrôler la prise régulière du traitement. » signale le Dr Panchal.

 

8e raison : Pour informer le patient et les aidants sur la maladie et sur le pronostic

L’incompréhension face à la maladie d’Alzheimer entraine généralement une stigmatisation de celle-ci et de lourdes difficultés pour les aidants à comprendre le comportement du patient.

 

Loin d’être exhaustive, cette liste peut être largement complétée par des arguments en faveur de la recherche : une meilleure compréhension du processus pathologique, pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques …

Grand angle – La prévention secondaire ou comment mieux vivre avec la maladie d’Alzheimer

Nous savons à présent qu’il existe de moyens pour les malades de mieux vivre au quotidien et éviter une aggravation accélérée de la maladie. Tel sont les objectifs de ce que l’on appelle « la prévention secondaire ». Afin d’accompagner au mieux les patients et d’éviter tout ce qui pourrait dégrader leur état de santé trop rapidement, une fois la maladie d’Alzheimer diagnostiquée, tous les médecins doivent mettre en place une prévention secondaire.

C’est tout du moins l’avis du Professeur Claire Paquet, neurologue chercheur à l’Hôpital Lariboisière à Paris et membre du Conseil scientifique de la Fondation Vaincre Alzheimer, qui explique que « la maladie d’Alzheimer est une maladie chronique, neurodégénérative, qui va évoluer petit à petit. L’objectif de la prévention secondaire est donc d’éviter tous les facteurs qui pourraient l’aggraver rapidement. »

Certains médicaments et antibiotiques contre-indiqués

Accusés d’aggraver les symptômes de la maladie d’Alzheimer, les anticholinergiques rassemblent notamment certaines classes d’antidouleur. « Il peut également s’agir de médicaments que l’on prescrit contre les spasmes ou que l’on donne dans les troubles urinaires dus à certains problèmes de prostate chez l’homme… » précise le Prof. Claire Paquet en insistant sur le fait que « le médecin doit s’assurer qu’un patient atteint d’une maladie d’Alzheimer ne prend pas un de ces traitements. »

Les médicaments potentiellement confusiogènes (qui provoquent un état de confusion, ndlr) sont également à éviter selon le Prof. Paquet. « Il s’agit de certains antibiotiques comme les fluoroquinolones que l’on donne dans les infections urinaires et dans certaines infections ORL. D’autres antalgiques contre la douleur, et les morphiniques en particulier, sont très confusiogènes. Il faut faire très attention à ce type de prescription pour un patient qui est atteint d’une maladie d’Alzheimer. »

Au delà de ces facteurs, une bonne observance thérapeutique est à surveiller avec attention. Pour la neurologue chercheur, «quand le patient ne comprend pas, ne retient pas ou ne sait pas s’il a déjà pris son traitement ou au contraire quand il l’oublie, cela est un facteur d’aggravation. Si un patient suit un traitement anticoagulant par exemple et un traitement antidiabétique et qu’il le prend deux fois, il peut y avoir des accidents thérapeutiques qui aggravent la maladie. »

Hospitalisation, anesthésie générale et infection : des éléments à surveiller

En cas d’hospitalisation, les patients peuvent perdre leurs repères et ainsi devenir anxieux et agités. « Cela engendre bien souvent des prescriptions de psychotropes qui vont aggraver les symptômes. » indique le Prof. Paquet avant d’ajouter que « l’anesthésie générale doit également être évitée lorsque cela est possible, notamment en cas de pose de prothèse de hanches, de genoux ou de fracture du poignet. »

Autre facteur à surveiller de près: l’infection et notamment la fièvre. Se vacciner contre la grippe, traiter les infections dès leur apparition et lutter contre la fièvre est indispensable pour éviter toute aggravation des symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Cette prévention secondaire permet d’éviter beaucoup de désagréments et de permettre aux patients de vivre mieux avec la maladie d’Alzheimer. Mais il est évident qu’elle ne peut être mise en œuvre qu’en cas de diagnostic posé de maladie d’Alzheimer. Une raison supplémentaire de prôner le diagnostic précoce. A l’heure actuelle, un patient sur deux ignorerait encore qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer.

A retenir : La prévention secondaire est l’ensemble des démarches médicales mises en œuvre pour éviter une dégradation trop rapide de l’état de santé de la personne malade. Les infections, les anesthésies générales et la prise de certains médicaments sont, notamment, des facteurs contre-indiqués.